63 jours d'aventures* ...

par Eric Guillome

 

Non, la "Pédagogie de maîtrise à effet vicariant" n'est pas incompatible avec la "Pédagogie du Projet" comme certains pourraient légitimement le penser ou d'autres vouloir le faire admettre pour des raisons qui ne sont pas toujours avouables. Et elle n'est pas non plus "moins valab", la PMEV étant en soi entreprise de projets, au double sens de "faire d'un enfant un élève" et de "faire un élève autonome qui sache se mettre en projet d'apprentissage".

Quoi qu'il en soit de ces subtilités indispensables à rappeler, Eric Guillome, qui exerce dans un CM1/CM2, a su jouer de la complémentarité de ces approches.


 

J'ai mis en place la PMEV dans la classe ( classe de cm1/cm2, 26 élèves ) au début de cette année scolaire. Pratiquant la pédagogie du projet depuis quelques années, je me suis trouvé confronté au problème de savoir comment mêler PMEV et pédagogie de projet.

Depuis début novembre, nous suivons la course du Vendée Globe avec la navigatrice Catherine Chabaud, jusque la rien de nouveau : travail classique autour d'un thème.

Pour finaliser le thème, les enfants ont émis le souhait de fabriquer un livre souvenir et une exposition pour faire partager, aux parents et aux autres enfants de l'école, ce qu'ils avaient appris.

Mon problème était alors : Comment respecter le souhait des enfants sans le dénaturer et continuer d'avancer sur l'acquisition, le renforcement des compétences décrites dans les IO ?

Organisation du travail :

Le TI devenait pendant la période du projet, un outil à son service. C'est pourquoi la période de TI liée au projet a débuté une semaine après le début du projet:

Après avoir choisi les thèmes qu'ils souhaitaient aborder et établi un calendrier des étapes à réaliser les enfants ont écrit un premier jet de leurs textes.

En fonction des erreurs et/ou les lacunes des enfants, j'ai mis en place des "activités décrochées" :

Ces activités décrochées se déroulent parallèlement au temps de projet et peuvent être complétées par d'autres notions en fonction des besoins qui apparaissent.

Durant le temps de travail du projet, une évaluation collective des premiers écrits est faite. Les enfants établissent alors, à la lumière de ce qu'ils savent déjà ou qu'ils ont appris lors des activités décrochées, une liste de critères sur le modèle de "J'ai écrit un texte documentaire si …".

Les enfants sont ensuite renvoyés aux textes qu'ils évaluent par groupe en fonction des critères établis par la classe. Puis les textes sont reécrits si nécessaire et reévalués collectivement. S'il s'avère que les critères sont insuffisants, ils sont complétés et les enfants les reprennent et ainsi de suite.

D'ou un aller-retour constant entre activités décrochées et activités de projet.

La seconde étape fut la réalisation des panneaux d'exposition. Il s'agissait ici de travailler sur le lien entre image et texte à travers la réalisation d'une maquette des panneaux.

La même technique que la première étape ( 1er essai, evaluation, critères, reécriture,…..) fût employée.

Le même principe a été employé pour la réalisation des invitations, la liste des "invités"…

Le dernier travail des enfants fût l'organisation de l'accueil et le guidage des visiteurs tout au long de l'exposition samedi 17 mars 2001.

Réflexions et perspectives

L'organisation plus spécifique de la PMEV ( TI, TE et Bilan ) a été aménagée le temps du projet.

3 objectifs à cela :

  1. Remettre à jour les connaissances nécessaires pour réaliser le projet :
  2. A partir des premiers jets d'écriture des enfants, des fiches de TI et TE sont réalisées( en révision pour la plupart ) pour que les enfants mènent à bien l'écriture et la réalisation de leur projet.

    Ces outils sont décontextualisés ( sans rapport direct avec le projet ) afin que les enfants puissent les réapproprier et les consolider dans la réalisation du projet

  3. Faire du lien entre activités scolaires et activité "pour de vrai"
  4. Montrer le lien qu'il peut y avoir entre des activités scolaires ( TI et TE ) et le projet ( ECRIRE des textes documentaires POUR faire une exposition et un livre).

    Je pense qu'ils permettent d'accentuer le sens donné aux apprentissages des enfants.

    Ce lien, c'est fait très vite pour certains élèves notamment à travers les phases de bilan ( pour le TI, le TE, le projet ). Ces élèves ont assez vite relié les bilans du TI et du TE avec le projet, profitant pleinement de ceux ci pour faire avancer le projet.

  5. Affiner la notion d'évaluation formatrice à travers le différentes phases de bilan

Dans cette façon de procéder, l'évaluation formatrice a pris toute sa dimension d'aide à l'apprentissage pour les enfants.

Au cours des différents bilans, à travers les interactions qu'ils ont eu, les enfants se sont construit différents outils d'aide ( aide mémoire, fiches outils méthodologique) ainsi qu'un ensemble plus général de fiches critères pour l'ecriture de leurs textes.

Ils ont pu créer, éprouver, ajuster, leurs outils pour réaliser l'exposition et le livre.

Conclusion

Cette démarche était nouvelle dans la classe cette année. Bien qu'elle soit améliorable, elle est intéressante pour plusieurs raisons:

D'une part le TI et le TE qui a permis aux enfants de consolider leurs compétences nécéssaires pour écrire.

D'autre part les bilans au travers desquels l'effet vicariant a joué à plein, permettant aux enfants de confronter et faire évoluer les représentations et conceptions qu'ils se faisaient d'un tel travail.

 

63 jours d'aventures est le titre que les enfants ont crée pour leur livre souvenir.

Eric Guillome
Classe de cm1/cm2
26 élèves
Ecole Bellecour
38530 Chapareillan