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Bienvenue en Nouvelle Calédonie...!


Du Soleil, des plages et des cocotiers... Oui, mais d'abord, ici comme ailleurs, des Hommes avec leurs problèmes, des heures sanglantes et douloureuses, et des enfants en difficulté scolaire.

Ce site professionnel est donc consacré aux problèmes de l'école et aux solutions qui peuvent leur être apportées. Il est né, en souvenir de mon enfance, du travail conduit par une équipe de terrain déterminée à défendre, dans un contexte difficile car historiquement chargé mais par là même mobilisateur, entre les "Accords de Matignon' et les "Accords de Nouméa",  une certaine conception de l'école et de la culture.

Confrontés à l'émergence contestataire d'une généreuse mais problématique "École Populaire Kanak", nous nous devions de reconnaître que l'École de la République, qui s'était pourtant voulue démocratique, n'avait pas été vraiment perçue comme telle. Mais l'était-elle vraiment ?

Ouverte à tous... mais pas faite pour tous ? 

Ouverte à tous, et c'est déjà beaucoup.

Mais pas faite pour tous, pas assez faite pour tous, pas encore assez faite pour tous. Ce constat vaut partout dans le monde et n'autorise pas les condamnations hâtives, mais il commande de s'interroger inlassablement, de reprendre avec lucidité toutes les données du problème pour chercher à mieux répondre aux besoins réels de tous les enfants : ceux qui n'y ont pas trouvé leur place et ceux qui en attendent encore plus ! Problème difficile, mais nous aimons les problèmes difficiles.

Affaire d'éthique et de technique, chacun en convient. Affaire d'archéologie aussi, ce qui est moins commun voire dérangeant, d'où notre programme. Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules, mais de vous en servir pour découvrir ce que nous n'avons pas encore découvert : cette belle formule de Gaston BERGER, nous la prêtons aussi à Jules FERRY, et nous la faisons notre, pour permettre à chacun de continuer à avancer.

Reculer pour avancer... ?

Sans provocation ni goût du paradoxe, nous exprimons par une image notre conviction, mais nous la justifierons. L'école ne peut aujourd'hui progresser qu'en faisant d'abord une marche arrière pour retrouver la grande route. La grande route des apprentissages.

Aux difficultés montantes de l'école, échec et violence, les chercheurs apportent aujourd'hui des solutions dont l'efficacité potentielle reste souvent hypothéquée par de non moins difficiles problèmes de mise en œuvre. Médiation, différenciation, interactivité, éducabilité cognitive, méta cognition, cycles, comment conduire tout cela en même temps ?

Qui chercherait une réponse magique à tous ces problèmes ne trouvera ici que de modestes mais précieux outils de praticien. Un éclairage rasant  permettant de mieux observer le fonctionnement du système. Une vieille familiarité avec l'action, qui ne sous-estime jamais la complexité des problèmes mais sait aussi qu'il faut chercher à faire simple et vite pour être efficace...

Les difficultés qui caractérisent aujourd'hui le problème de l'échec scolaire se sont en fait révélées récemment, mais de façon assez précise lors de la prolongation de la scolarité obligatoire. Fallait-il accuser le collège ? La société capitaliste ? Les handicaps socioculturels ? Les parents ? La méthode globale ou les maths modernes ? Si aucun de ces paramètres n'est sans doute totalement innocent, le débat qui les accompagne ne va pas sans faire obstacle à un examen plus neutre du problème. Il n'est pas interdit de penser, par exemple, que les difficultés actuelles de l'école pourraient avoir des origines lointaines, résulter peut être d'une erreur originelle de conception d'abord passée inaperçue mais que des "pédagogistes" comme ALAIN ou FREINET avaient néanmoins abordée. Décontextualiser les apprentissages n'impliquait pas nécessairement de rompre avec les lois naturelles de l'apprentissage, telles qu'on peut les observer partout hors de l'école et depuis bien longtemps dans toutes les sociétés humaines voire parfois animales. Pour différent qu'il soit du métier de forgeron ou de sabotier, le métier d'élève reste un métier comme les autres : il faut le pratiquer pour l'apprendre mais il faut aussi pour cela d'abord pouvoir l'observer attentivement. Apprendre, et plus encore apprendre à apprendre, implique de pouvoir observer de près ceux qui apprennent, de ne pas capituler devant l'obstacle de la "boîte noire", ce qui nécessite une réorientation sensible de pratiques scolaires souvent perverties par une conception mal comprise de l'évaluation et par l'intrusion intempestive de la morale. Le travail de l'élève, qui s'est récemment hissé au rang de "métier", est un métier à mille facettes que l'on ne peut pas demander aux enfants d'apprendre seuls.

Formulée différemment par Maurice REUCHLIN, cette hypothèse "archéologique" s'avère précieuse. Elle justifie notre formule et autorise l'optimisme. Pour progresser, l'école doit aujourd'hui faire d'abord une sorte de marche arrière pour retrouver - avons nous dit pour faire image - la grande route des apprentissages. Elle devra aussi récupérer au passage la pédagogie de maîtrise, riche de solides travaux dont le demi-échec - car elle a bien réussi dans l'enseignement professionnel - est lui aussi une conséquence logique de la "faute originelle" mais dont nous savons aujourd'hui, grâce à ce nouvel éclairage, que les espoirs mis en elle étaient fondés.

Pédagogie de maîtrise ?

Il était important de conserver - bien que certains la prétendent "dépassée" -  la référence à la "pédagogie de maîtrise". Notre dette à l'égard de ses chercheurs trop vite oubliés et de leur projet est immense, non moins qu'envers l'œuvre de Freinet et de son mouvement. Mais ce respect n'est pas inféodation.  Nous ne sommes d'aucune école, d'aucune chapelle, mais nous n'existons que parce que celles-ci existent. Nous ne rejetons rien, nous acceptons tout, ou presque, de ce qui peut répondre à un besoin de cohérence et d'efficacité.

Si notre approche détonne, si elle jette le trouble, elle n'apporte pourtant rien qui n'exista déjà, aucun concept nouveau. La maîtrise cependant - car nous y prétendons pour nous aussi - aime les mises en perspective et les synthèses : elle ne répugne pas à relire le passé pour réécrire le monde, fut-ce dans le modeste domaine de la pratique pédagogique.

Pédagogie différenciée ?

La formule que nous proposons maintient et renforce l'unité de la classe, à laquelle maîtres et parents sont attachés, mais nous l'actualisons de façon à mieux soutenir les particularités des parcours individuels. Mais la pédagogie différenciée que nous préconisons ainsi ne prend en compte les différences que pour mieux consolider les ressemblances. Elle repose sur un nouvel agencement du temps scolaire qui améliore la fonction d'apprentissage en accordant à chaque élève tout le temps dont il a besoin pour apprendre, mais aussi les repères dont il a besoin pour utiliser pleinement ce temps, pour lui apprendre très tôt à évaluer sa position, pour lui donner chaque jour le courage et les moyens de poursuivre, d'engager ou d'approfondir sa tâche.

Inspirée de travaux français ou étrangers, récents ou anciens, réputés ou seulement esquissés, cette solution a dérangé et dérangera encore, nous le savons. Elle est pourtant conforme aux exigences des Instructions Officielles qui veulent placer l'enfant au centre du système d'apprentissage, comme ACTEUR et comme PILOTE,  soulignant à ce propos l'importance des acquisitions méthodologiques et comportementales pour lesquelles les "leçons" ne sauraient suffire, ni apporter autant qu'un très simple mais nécessaire réaménagement des conditions ordinaires d'apprentissage.

Nouméa, 17 Décembre 1996

 

Michel MONOT
I.E.N. honoraire

 

A propos du rapprochement ambigu
BEHAVIORISME / CONSTRUCTIVISME


Faire son métier d'Homme....

Une certaine conception de l'école et de la culture


Nous ne vous demandons pas de répéter nos formules
mais de vous
en servir pour découvrir
ce que nous n'avons pas encore découvert.

Gaston BERGER 
L'homme moderne et son éducation