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Le
délicat problème des |
Il est admis qu'il existe d'assez grandes différences dans les rythmes d'apprentissage des enfants et la difficulté, pour les enseignants, est souvent de s'adapter à ces différences de rythme. Les statistiques, dans leur sécheresse, mettaient encore en évidence il y a peu de profondes inégalités : les uns parcouraient l'école élémentaire en 4 ans, plus exceptionnellement 3 ans, alors que d'autres avaient besoin, au lieu des 5 années réglementaires, de 7 voire parfois 8 années pour les plus lents. La réforme des cycles a commencé à corriger ces inégalités - à les dissimuler disent certains - qui restent néanmoins, quoi qu'il en soit, très préoccupantes.
Il ne faut pas être obnubilé par les statistiques et confondre ces différences de cursus avec des différences de rythmes, qui autoriseraient à conclure indûment que certains élèves ont le cerveau deux fois plus lents que d'autres.
Car les statistiques n'indiquent nullement qu'il s'agit là de progressions à vitesse constante. L'observation des classes montre au contraire des progressions très irrégulières, qui doivent être analysées pour en déceler les causes et tenter d'y remédier.
Il semble que soit en cause, le plus souvent, un certain manque d'information, plus simplement parfois une mauvaise représentation de la tâche à accomplir qui bloque le cheminement intellectuel de l'élève. Absence de "pré-requis" indispensables pourrait-on dire, mais à condition de ne pas faire dire à ce mot ambigu plus qu'il ne veut dire.
Les différences révélées par les statistiques résultent en fait d'une accumulation exponentielle de retards parfois infimes, de quelques minutes qui ont fait défaut à un moment crucial, d'un peu d'absentéisme parfois, très difficilement récupérable dans le cas d'une classe "frontale" à progression dite "régulière" (1).
Mais l'étude comparée des statistiques nous révèle une autre cruelle vérité : si l'on observe le taux d'enfants intellectuellement déficients, 10% seulement des élèves devraient être "en retard", ce qui est très inférieur au taux des retards réellement constatés.
Scientifiquement parlant, on ne peut donc pas considérer les "rythmes d'apprentissages" et les différences de "possibilités individuelles" comme une caractéristique individuelle immuable, ou comme une fatalité sur laquelle il ne serait pas possible d'agir. Il convient au contraire de s'interroger objectivement sur la part éventuelle de responsabilité qui pourrait être imputable à l'acte pédagogique. Étant entendu que l'acte pédagogique ne concerne pas seulement la qualité des leçons mais également, comme nous l'avons déjà dit, les problèmes d'organisation de la classe.
(1) Régulière, car à vitesse constante et conforme au programme prévu. Mais est-il bien "régulier" de procéder ainsi ?