Problèmes pratiques
Vos questions, vos
inquiétudes même, sont légitimes. Merci de nous
adresser ensuite, de temps à autre, un bref feed-back.
Les Fiches / Comment les préparez vous ?
La Lecture / Quelle est sa place en travail par fiches ?
Le Bilan / A quel moment placez vous cette séquence importante ?
Dérives / On leur donne carte blanche mais ils entendent "mettre le bazar" !
Comment
présente-t-on les fiches? Faut-il faire autant de fiches que
d'enfants, ou un exemplaire pour tous ? Quelle est la solution préférable?
Si vous hésitez, référez vous à votre cahier journal pour dénombrer le nombre d'exercices que vous donniez habituellement sur une période de trois semaines. En général, les processus vicariants aidant, vous pourrez en donner un peu plus.
Hors les fiches que vous pouvez éventuellement trouver dans le commerce, la solution la plus utilisée est celle du "couper coller", amélioré de quelques coups de fluo et de compléments écrits à la main : référence et titre, toujours; rappel éventuel de règle, conseils, etc.
On peut utiliser plusieurs manuels, et même emprunter au parascolaire. Internet offre aussi quelques possibilités
Dans les classes chargées, il est parfois nécessaire de dédoubler les fiches pour éviter l'attente, mais certains maîtres font observer que ce n'est pas absolument nécessaire, la durée d'utilisation d'une fiche n'excédant guère une quinzaine de minutes.
Les fiches courtes présentent un intérêt particulier en période de lancement ou avec les classes un pu difficiles : plus on réussit vite, plus on est gratifié, plus on a envie de recommencer. Et la persévérance fut !
Ou place-t-on la lecture? Dans la
séquence fiches? Ne fait-on plus de
lectures suivies, de lectures découvertes ?
Ceci étant, certaines fiches concernent plus directement la lecture en tant que telle, sous des formes très variées, imposées ou en libre choix. Fiches de lecture "ordinaires", mais aussi fiches de lecture dialoguées, voire de saynètes, que les élèves doivent alors préparer à plusieurs.
Il y a aussi des fiches de lectures en surnombre, surtout documentaires il est vrai, mais d'autres options ne sont pas exclues, bien au contraire. Toutes ces fiches doivent être présentées au bilan, même très rapidement, l'enfant en lisant alors un extrait significatif.
Dans les CP, ou dans les CE1, et parfois au delà, il est fréquent que les élèves aient à lire un texte intégralement, de longueur adaptée évidemment. C'est le cas aussi pour les poésies.
Dans ces classes, les maîtres conservent aussi de vraies séquences de lecture, des lectures suivies, des lectures découvertes, le travail par fiches leur apportant alors un complément de souplesse très apprécié.
Globalement, la situation peut donc varier sensiblement d'une classe à l'autre, les maîtres restant maîtres du jeu, et souhaitant souvent adapter la méthode générale à leur propre personnalité ou aux besoins propres de leur classe.
Ce qui reste immuable, c'est le principe des fiches et de la séance de bilan, en ce qu'ils valent pour introduire au cur même du travail de la classe et donc sans séances spécifiques : une première approche de la métacognition, un apprentissage régulier de l'auto-évaluation et de la prise de parole. C'est aussi l'allongement de la durée des périodes de travail, à trois semaines ou parfois deux, qui s'avère précieux pour gérer l'hétérogénéité de la classe et réguler les progressions individuelles.
Le moment
de BILAN semble très important,
mais à quel moment exact le placez vous ?
Donner "carte blanche" oui, mais il faut bien choisir. Par sécurité, commençons donc par la classe du matin, parce que ce sera plus "payant : nous règlerons en partie, lentement mais sûrement, ce problème de différences de niveaux et donc de lenteur qui est un vrai problème. Un problème qui fait que la liberté que vous donnez l'après midi en travail de groupe devient très vite anarchie.
Carte blanche ?... Oui, mais à quoi ? pourquoi ? et comment ? Carte blanche à quoi ?
Carte blanche pour choisir le moment où ils
vont effectuer tel ou tel de leurs exercices.
Par voie de conséquence, carte blanche pour décider eux-mêmes, à tel moment, qu'ils
vont s'occuper de tel exercice plutôt que de tel autre.
Pourquoi ?
Non pas par idéologie, mais par ruse donc et
aussi par nécessité !
Pour choisir leur exercice, ils sont obligés de l'analyser, de soupeser leurs
chances de le mener à bien, obligés de s'auto-évaluer ! Obligés de faire le
point pour chaque question, de chercher à savoir ce qu'ils EN savent dit un de nos
correspondant (Jean Paul JOURDAN), de chercher à situer ce qu'ils n'ont pas encore
compris.
Cela, les bons élèves savent le faire assez bien, pour différentes raisons, et c'est
pour cela qu'ils sont rapides. A l'inverse, les élèves lents ne savent pas le faire, et
c'est pour cela qu'ils sont lents, et pour cela donc qu'ils faut les placer constamment
en situation de pouvoir apprendre à le faire.
Comment ?
L'élève ne peut pas s'auto-évaluer dans
l'absolu. Il ne peut le faire que par comparaison, par rapport à autre chose, par rapport
à un "modèle", à des exemples significatifs.
Placer les élèves en situation de pouvoir apprendre à s'auto-évaluer appelle donc une
maîtrise professionnelle certaine, débouchant sur une organisation de la classe et du
temps prioritairement conçues pour faire cet apprentissage méthodologique à
travers les apprentissages notionnels habituels.
Il s'agit en effet :
Ce travail de prise de conscience, de prises de repères tendant à un changement progressif des représentations initiales pour autoriser enfin une confrontation fructueuse à la tâche prend du temps : nous l'étalons sur trois semaines, en fournissant d'emblée aux élèves tous les exercices qu'ils vont devoir apprendre à maîtriser pendant cette période.
Ce travail suppose aussi que les élèves puissent prendre les indispensables repères qui vont permettre l'évolution progressive de leurs représentations : c'est la raison d'être d'une séquence particulière instaurée dans ce but, le moment de bilan, qui a par ailleurs bien d'autres fonctions que cette fonction initiale.