ecrire.gif (1033 octets)    Problèmes pratiques

Vos questions, vos inquiétudes même, sont légitimes. Merci de nous
adresser ensuite, de temps à autre, un bref feed-back.

 

 

 

 


  ecrire.gif (1033 octets)    Comment présente-t-on les fiches? Faut-il faire autant de fiches que
d'enfants, ou un exemplaire pour tous ? Quelle est la solution préférable?

Que la classe compte 17 ou 34 élèves, le nombre de fiches est le même. Il n'y a pas de norme, mais 45 semble un maximum à ne pas dépasser pour la période habituelle de trois semaines : au delà, le maître a du mal à garder tout en mémoire, bien qu'il les ait réalisées lui-même.

Si vous hésitez, référez vous à votre cahier journal pour dénombrer le nombre d'exercices que vous donniez habituellement sur une période de trois semaines. En général, les processus vicariants aidant, vous pourrez en donner un peu plus.

Hors les fiches que vous pouvez éventuellement trouver dans le commerce, la solution la plus utilisée est celle du "couper coller", amélioré de quelques coups de fluo et de compléments écrits à la main : référence et titre, toujours; rappel éventuel de règle, conseils, etc.

On peut utiliser plusieurs manuels, et même emprunter au parascolaire.  Internet offre aussi quelques possibilités

Dans les classes chargées, il est parfois nécessaire de dédoubler les fiches pour éviter l'attente, mais certains maîtres font observer que ce n'est pas absolument nécessaire, la durée d'utilisation d'une fiche n'excédant guère une quinzaine de minutes.

Les fiches courtes présentent un intérêt particulier en période de lancement ou avec les classes un pu difficiles : plus on réussit vite, plus on est gratifié, plus on a envie de recommencer. Et la persévérance fut !

ecrire.gif (1033 octets)    Ou place-t-on la lecture? Dans la séquence fiches? Ne fait-on plus de
lectures suivies, de lectures découvertes ?

Le travail par fiches est en soi un exercice permanent de lecture fonctionnelle, plus généralement de contact étroit avec l'écrit, ce qui s'avère déterminant.Il vous permet en outre de gagner du temps, ce qui n'est pas moins important pour vous laisser plus de latitude en tout.

Ceci étant, certaines fiches concernent plus directement la lecture en tant que telle, sous des formes très variées, imposées ou en libre choix. Fiches de lecture "ordinaires", mais aussi fiches de lecture dialoguées, voire de saynètes, que les élèves doivent alors préparer à plusieurs.

Il y a aussi des fiches de lectures en surnombre, surtout documentaires il est vrai, mais d'autres options ne sont pas exclues, bien au contraire. Toutes ces fiches doivent être présentées au bilan, même très rapidement, l'enfant en lisant alors un extrait significatif.

Dans les CP, ou dans les CE1, et parfois au delà, il est fréquent que les élèves aient à lire un texte intégralement, de longueur adaptée évidemment. C'est le cas aussi pour les poésies.

Dans ces classes, les maîtres conservent aussi de vraies séquences de lecture, des lectures suivies, des lectures découvertes, le travail par fiches leur apportant alors un complément de souplesse très apprécié.

Globalement, la situation peut donc varier sensiblement d'une classe à l'autre, les maîtres restant maîtres du jeu, et souhaitant souvent adapter la méthode générale à leur propre personnalité ou aux besoins propres de leur classe.

Ce qui reste immuable, c'est le principe des fiches et de la séance de bilan, en ce qu'ils valent pour introduire au cœur même du travail de la classe et donc sans séances spécifiques : une première approche de la métacognition, un apprentissage régulier de l'auto-évaluation et de la prise de parole. C'est aussi l'allongement de la durée des périodes de travail, à trois semaines ou parfois deux, qui s'avère précieux pour gérer l'hétérogénéité de la classe et réguler les progressions individuelles.

ecrire.gif (1033 octets)  Le moment de BILAN semble très important,
mais à quel moment exact le placez vous ?

Précisons d'abord, car la formule hebdomadaire des conseils de classe chers à la pédagogie Freinet entraîne parfois des confusions, que le bilan, dans notre approche spécifique, n'est pas hebdomadaire, mais rigoureusement quotidien et parfois un peu plus. Sa fréquence est importante si l'on veut vraiment favoriser la prise de repères, mais sa place l'est aussi, car l'on peut jouer sur plusieurs atouts, d'où cette question souvent posée.

La place la plus fréquente est : le matin, immédiatement après la phase de travail par fiches, souvent au retour de la récréation car cette coupure permet de préparer au tableau d'éventuels supports visuels. L'avantage ici est que les souvenirs sont frais, que les enfants parlent bien de ce qu'ils viennent de vivre. L'inconvénient est que les prises de repères effectuées permettraient aux enfants de rebondir immédiatement, à chaud, sur des fiches dont ils viennent d'entrevoir la subtilité et que cette possibilité est difficilement exploitable : nous ne sommes pas des intégristes de la fiche, et il faut aussi faire autre chose.

Partant de ce constat, certains maîtres ont placé le bilan, toujours le matin, mais immédiatement à l'entrée en classe. On peut alors, après le bilan, rebondir à chaud, et cela constitue une bonne amorce pour le travail. Il y a malgré tout un petit inconvénient, c'est que les souvenirs des enfants sont un peu moins frais... Mais il apparaît aussi un autre avantage pour les enfants : celui de pouvoir, la veille, se préparer "mentalement" à présenter leur travail. Et l'on a vu effectivement des enfants progresser très sensiblement grâce à cette possibilité de "devoirs du soir" non obligatoires et spontanément choisis.

Alors que faire ? Que conseiller ? Quelques maîtres ont choisi d'utiliser les deux formules, d'où deux bilans quotidiens, un peu raccourcis dans ce cas là. Ces maîtres sont relativement peu nombreux, mais ils ne sont pas prêts de renoncer à leur formule.

ecrire.gif (1033 octets)  On leur donne "carte blanche" en travail de groupe,
mais ils entendent ... "mettre le bazar"..

Les enfants sont ce qu'ils sont, et ceux d'aujourd'hui...Mais nous avons parfois tendance à l'oublier : nous avons une longueur d'avance ! Futés, rusés, ils le sont, et nous donc !

Donner "carte blanche" oui, mais il faut bien choisir. Par sécurité, commençons donc par la classe du matin, parce que ce sera plus "payant : nous règlerons en partie, lentement mais sûrement, ce problème de différences de niveaux et donc de lenteur qui est un vrai problème. Un problème qui fait que la liberté que vous donnez l'après midi en travail de groupe devient très vite anarchie.

Carte blanche ?...   Oui, mais à quoi ? pourquoi ? et comment ?

Carte blanche à quoi ?

Carte blanche pour choisir le moment où ils vont effectuer tel ou tel de leurs exercices.
Par voie de conséquence, carte blanche pour décider eux-mêmes, à tel moment, qu'ils vont s'occuper de tel exercice plutôt que de tel autre.

Pourquoi ?

Non pas par idéologie, mais par ruse donc et aussi par nécessité !
Pour choisir leur exercice, ils sont obligés de l'analyser, de soupeser leurs chances de le mener à bien, obligés de s'auto-évaluer ! Obligés de faire le point pour chaque question, de chercher à savoir ce qu'ils EN savent dit un de nos correspondant (Jean Paul JOURDAN), de chercher à situer ce qu'ils n'ont pas encore compris.
Cela, les bons élèves savent le faire assez bien, pour différentes raisons, et c'est pour cela qu'ils sont rapides. A l'inverse, les élèves lents ne savent pas le faire, et c'est pour cela qu'ils sont lents, et pour cela donc qu'ils faut les placer constamment en situation de pouvoir apprendre à le faire.

Comment ?

L'élève ne peut pas s'auto-évaluer dans l'absolu. Il ne peut le faire que par comparaison, par rapport à autre chose, par rapport à un "modèle", à des exemples significatifs.
Placer les élèves en situation de pouvoir apprendre à s'auto-évaluer appelle donc une maîtrise professionnelle certaine, débouchant sur une organisation de la classe et du temps prioritairement conçues pour faire cet apprentissage méthodologique à travers les apprentissages notionnels habituels.

Il s'agit en effet :

Ce travail de prise de conscience, de prises de repères tendant à un changement progressif des représentations initiales pour autoriser enfin une confrontation fructueuse à la tâche prend du temps : nous l'étalons sur trois semaines, en fournissant d'emblée aux élèves tous les exercices qu'ils vont devoir apprendre à maîtriser pendant cette période.

Ce travail suppose aussi que les élèves puissent prendre les indispensables repères qui vont permettre l'évolution progressive de leurs représentations : c'est la raison d'être d'une séquence particulière instaurée dans ce but, le moment de bilan, qui a par ailleurs bien d'autres fonctions que cette fonction initiale.