pratique.gif (6526 octets) Construire un profil de
"bon élève"

 

Malgré P. Bourdieu est ses épigones selon lesquels la "méritocratie" des concours ne serait qu'une supercherie puisque le secret de la réussite par le savoir s'apprendrait hors des institutions chargées de le transmettre, il ne nous semble pas démontré que, dans l'ordre intellectuel, aisance et adresse, art de faire et de dire relèvent exclusivement - ni même principalement - du mimétisme familial ou d'un "ethos de classe". Préparer un exposé d'un quart d'heure, cela s'apprend, comme on apprend à rédiger une dissertation en quatre ou cinq heures. 
Tout savoir faire méthodologique est a priori enseignable.

Yves LORVELLEC
Exercices de culture générale (Ellipses)

 
 
 
Pourquoi la pédagogie de maîtrise développerait-elle mieux le "profil de bon élève" que d'autres pédagogies, tout aussi bien intentionnées, et de surcroît validées de longue date ?

La réponse est à la fois simple et complexe !

Simple d'abord, car la pédagogie de maîtrise, sans prétendre au titre de science, se veut autant que faire se peut d'inspiration scientifique : elle engrange le bilan du passé, conserve les acquis  et tire la leçon des erreurs ou "faits polémiques", intègre de surcroît des apports nouveaux lorsqu'ils arrivent, pourrions nous dire, sur le marché. Ses bons résultats sont donc dans la logique de l'histoire.

Complexe cependant, car la mise en cohérence de ces éléments disparates ne va pas de soi, en pédagogie, quand il s'agit de rester dans le domaine du possible et de la pratique quotidienne de la classe.


Quelques repères :

  1. La pédagogie de maîtrise se garde bien de "jeter le bébé avec l'eau du bain". Elle entend conserver tout ce que la "tradition" a validé : le goût du travail, de l'effort, le développement de la mémoire, etc.. Elle a bien noté en particulier que la maîtrise engendre la maîtrise, et qu'il est donc important  d'aider l'enfant à réussir très tôt : plus un enfant a emmagasiné de connaissances, plus il en apprendra d'autres facilement, et plus il y trouvera du plaisir.
  2. La pédagogie de maîtrise cherche ensuite à intégrer d'autres acquis reconnus comme favorables  au développement de l'intelligence mais qui se rencontrent à l'origine dans le milieu familial. C'est le cas pour l'aptitude au raisonnement hypothético-déductif, dont on sait, depuis les travaux de Jacques Lautrey, que le mode de vie familial lui est plus ou moins favorable. 
  3. La pédagogie de maîtrise adopte aussi un parti pris de confort, voire de recherche du plaisir intellectuel, qui voudrait conduire l'enfant à aimer apprendre mais se heurte encore sur ce plan à bien des idées reçues. Mais les objections qui ont pu être opposées à ce parti pris ergonomique de la pédagogie de maîtrise apparaissent dérisoires, tant au regard de l'importance des enjeux qu'à celui des résultats obtenus.

    La vocation de l'école élémentaire, dans le prolongement direct de celle de l'école maternelle, est d'aider l'enfant à s'investir sans crainte
    dans le monde un peu particulier de l'école, de lui permettre d'apprendre son "métier d'élève" afin d'en retirer le maximum de satisfactions. Une amélioration du "rendement scolaire" sera une conséquence économique directe de cette préoccupation d'abord humaniste.

  4. Le problème est donc de développer précocement et de manière insistante les aptitudes spécifiques du bon élève.

Dans notre approche pédagogique particulière, le moment de BILAN, dont les objectifs centraux ont été définis par ailleurs, constitue en lui même, par le brassage permanent des notions étudiées  auquel il procède, un exercice d'entraînement mental spécifique, contribuant à la mobilité et de l'agilité de la mémoire.


Construire un profil de bon élève ne serait pas possible sans l'implication personnelle de l'élève.. Ce que les formules anciennes de pédagogie de maîtrise n'obtenaient qu'avec des élèves   préalablement "motivés" - c'était leur point faible  !  -  est aujourd'hui réalisé dans de bien meilleures conditions par la prise en compte du concept d'apprentissage vicariant, au point que les enfants comme les adultes ont souvent affiché ouvertement leur satisfaction voire "plébiscité" le système. Le sentiment d'auto-efficacité, né de l'observation des pairs, est rapidement consolidé chez l'élève par le constat de sa propre réussite.

La satisfaction manifestée par les enfants touche au plaisir intellectuel et au goût de l'autonomie. Plaisir d'ordre intellectuel que trop d'enfants n'ont jamais eu l'occasion de découvrir, et qui tient selon eux à un facteur essentiel : le droit de pouvoir choisir sa tâche, le droit de choisir le moment de l'exécuter. Car ce parti pris, déjà justifié pour des raisons cognitives, l'est aussi au plan affectif : il permet d'éviter   l'expérience douloureuse de l'échec  et il aide au contraire à découvrir le plaisir d'un engagement personnel et volontaire dans la tâche.


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Un autre aspect du profil de bon élève :
La CULTURE

Pour un éclairage plus "savant" :
Jean Cardinet  Importance de l'auto-évaluation