A propos du Postulat de BANDURA

Eléments du Postulat

Position de la PMEV ***


Selon Albert BANDURA*, dont Louise Ménard** détaille ici le postulat : 

Tous les humains possèdent, 
à des degrés différents, 
les aptitudes suivantes :

L'être humain dispose, en dépit de sa fragilité initiale, d'une capacité à s'accomplir (besoin d'accomplissement). 
Ce besoin spécifique relève des "Droits de l'Enfant". 

Les éléments du postulat de Bandura sont constitutifs du besoin précité. Ils doivent être lus en termes de besoins, reconnus comme des droits et traités en tenant toujours compte de la fragilité propre de l'être humain.

  • La capacité de se représenter et d'interpréter leur environnement grâce à des systèmes symboliques comme les langages parlé et écrit.

Cette capacité est inégalement développée lorsque l'enfant entre à l'école. Pour ne pas aggraver les inégalités déjà constituées, elle doit être travaillée et soutenue :

  • Dès l'école maternelle, mais aussi au delà
  • Dans le cadre même des activités scolaires, en particulier pour les élèves déficitaires
  • en interaction avec les autres points du postulat
  • La capacité de se référer au passé et d'anticiper le futur : 

Les souvenirs que l'élève évoque et les aspirations qu'il entretient à l'égard de l'avenir sont à l'origine de la dynamique motivationnelle.

Bien que capitale au regard des problèmes de motivation et des conséquences sociales (échec, violence) qui en découlent, cette faculté est relativement peu stimulée à l'école, et cela parfois même en pédagogie dite "de projet" si l'accent n'est pas mis sur le projet personnel d'apprentissage scolaire de chacun.

Au delà du problème du sens, les exigences de ce projet personnel d'apprentissage scolaire suggèrent que la distinction entre les motivations intrinsèque et extrinsèque semble plus radicale qu'on ne l'admet communément.

  • La capacité d'observer les autres et d'en tirer des conclusions pour soi-même

Ce postulat implique qu'il est possible d'apprendre en regardant les autres effectuer une tâche sans avoir à l'accomplir soi-même.

L'observation des autres n'est donc pas un acte passif, mais actif. Elle peut contribuer à motiver un élève à s'engager dans des activités qu'il appréhende.

Cette capacité, dont REUCHLIN avait pressenti l'intérêt pédagogique potentiel, est directement à l'origine de la Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant en tant qu'organisation spécifique de la classe et du temps scolaire, initiée en Nouvelle Calédonie entre 1990 et 1996, en application de la "réforme des cycles", pour améliorer la gestion des hétérogénéités.

Lever le "tabou" pédagogique du copiage, 
c'est aider l'enfant
à prendre des repères 
pour accéder au droit d'être élève.

  • La capacité de s'autoréguler

c'est-à-dire de contrôler et de modifier éventuellement des comportements selon l'évaluation que l'on fait de la situation dans laquelle on se trouve : l'être humain est un agent actif qui ne se limite pas à répondre à son environnement, mais qui est capable de se contrôler et de modifier au besoin sa démarche pour parvenir à atteindre ses buts."

REUCHLIN avait identifié un processus et un principe d'économie : "la période d'observation permet au sujet de repérer les éléments significatifs de la situation et de faire porter immédiatement ses propres efforts sur ces aspects."

La capacité initialement définie par BANDURA  englobe et amplifie cette logique fondatrice de la PMEV.

(*) Social Foundations of Thought and Action : A Social Cognitive Theory (Bandura 1986) 
(**) Source :  www.protic.net/profs/menardl/reflexion/unmodle.htm 
(***) Par manque d'informations sur les travaux de BANDURA, la PMEV s'est d'abord définie en référence à la présentation qu'en avait développée M. REUCHLIN dans son manuel de  Psychologie (P.U.F. 1977 )

 

Voir aussi "Le sentiment d'efficacité personnelle"