Connaître les élèves |
La persévérance ... |
Qualité précieuse entre toutes, la persévérance mérite d'être cultivée à l'école. Mais elle est moins affaire de leçons de morale ou d'exhortations que de technique pédagogique ! Dans la perspective de la pédagogie de maîtrise, l'école doit "faire en sorte" que l'élève devienne persévérant..
Une telle perspective est évidemment systémique.
La persévérance met en jeu un ensemble de facteurs complexe, une causalité en cascade dont la prise en compte va permettre d'obtenir les résultats souhaités. La persévérance dépend en effet :
1. de l'entraînement de l'élève au travail,
2. de sa confiance en lui, qui résulte elle même avant tout
a. de ses réussites antérieures et présentes,
b. mais aussi des encouragements du maître et des camarades.
Nous y avons ajouté :
1. conformément aux suggestions de Maurice REUCHLIN, la possibilité de prendre des repères,
2. selon l'important apport de Albert BANDURA, le sentiment d'auto-efficacité qui naît de l'observation d'un être semblable à soi réussissant une tâche à laquelle on ne se croit pas préparé.
Les réussites antérieures dépendent elles même :
1. pour l'essentiel, de la qualité de l'enseignement fourni, c'est à dire :
a. de la clarté du discours magistral
b. de la qualité intrinsèque des leçons
2. ainsi que de la qualité de l'organisation de la classe,
a. Organisation du temps scolaire prenant en compte les rythmes individuels
b. Organisation permettant d'étayer les apprentissages, de prévenir les difficultés au lieu de laisser à d'autres le soin de les guérirqui sont aussi des critères de qualité pédagogique, bien trop souvent négligés jusqu'ici dans la formation des maîtres.
Cette "causalité en cascade" mérite attention.
L'organisation efficace, celle qui
développera l'aptitude à la persévérance, est celle qui saura mettre la tâche à
portée de l'enfant ou, plus exactement, qui saura hisser celui-ci à hauteur de la
tâche.
Cette distinction n'est pas simple subtilité de langage et nous y tenons :
1. Mettre la tâche à la portée de l'élève, c'est en effet en baisser le niveau, la simplifier, mais au risque de la priver de son intérêt et de tomber dans l'occupationnel.
2. Hisser l'enfant à la hauteur de la tâche, c'est conserver la difficulté de la tâche mais fournir un étayage qui permettra d'en venir à bout. C'est faire en quelque sorte la "courte-échelle".
La seconde hypothèse nous paraît de très loin la meilleure. Il faut se garder de vouloir à tout prix vouloir simplifier la tâche de l'enfant. Celui-ci n'est pas dupe de ses propres résultats, et il sait s'il a le sentiment, ou non, d'avoir accompli un progrès sur lui-même. L'enfant gagne au contraire à être confronté à une tâche difficile, qu'il reconnaît lui-même comme difficile, comme un challenge à la limite, mais dont il pourra néanmoins venir à bout, grâce à un étayage approprié : il se sentiraalors grandi à ses propres yeux.
Le problème important est donc celui de l'étayage de la tâche. C'est le sens des indices que l'élève pourra recueillir lors des phases de BILAN, mais aussi du sentiment d'auto-efficacité qui naîtra de la rencontre avec un savoir présenté non plus par un maître trop savant pour être égalé, mais par un pair, comparable à lui même, dont la réussite lui parait encourageante pour lui-même et l'incite alors à s'engager résolument dans la tâche.
L'intérêt du moment de BILAN doit donc une nouvelle fois être souligné, dont le bon fonctionnement et l'efficacité sont inséparables de l'organisation générale des apprentissages. Deux principes nous paraissent ici essentiels pour "tirer vers le haut" une classe fonctionnant en "pédagogie de maîtrise à effet vicariant":
De tels principes pourront évidemment faire sourire ! Mais le mieux serait de les mettre d'abord à l'épreuve des faits.