A propos de l'inspection :
problèmes et mises au point

Alors que nombre de collègues ont franchi avec succès, sur la base d'une classe PMEV, l'épreuve de l'inspection, que d'autres ont réussi celles du CAFIPEMF et sont devenus de respectables "Conseillers Pédagogiques", de moins chanceux se heurtent encore à certaines incompréhensions.

Nous tentons ici de lever certaines ambiguïtés.

Mon inspecteur semble penser que cette "méthode" trouve son efficacité pour les élèves qui ont déjà acquis les compétences du bon élève. Lorsque j'ai essayé de lui expliquer que les choses étaient plus complexes, il m'a arrêté net en disant : "je m'en tiens aux constats". (X...)


Cet exemple est parmi bien d'autres significatif de la difficulté spécifique du travail d'inspection, particulièrement dans le cas d'une classe PMEV.

Le souci de s'en tenir aux constats est inhérent à la fonction d'inspection et ne peut être mis en cause dans son principe. Mais il parait appliqué ici de manière réductrice et, par là même, irrecevable. En étant brutal, on pourrait rappeler qu'on ne peut juger un film d'après une seule image, sans avoir vu ni les séquences précédentes ni celles qui vont suivre, et donc sans l'avoir compris.

Le risque est ici de même ordre mais en un sens plus grave. Votre inspecteur a bien constaté que la PMEV paraît convenir aux "bons élèves", mais sans se demander si ces "bons élèves" ne seraient pas un produit de la méthode qu'il met en cause….

Il faut pourtant préciser à sa décharge que la PMEV est paradoxalement vulnérable à ce genre d'évaluation biaisée qu'elle tend même à favoriser. En mettant délibérément en scène, pour les exploiter, les comportements de "bons élèves", la PMEV peut induire le genre de lecture auquel vous êtes ici confronté. Et cela, d'autant que la tradition oriente souvent le regard de l'inspecteur vers la prestation du maître. Une prestation qui peut paraître particulièrement terne même si son efficacité - et c'est évidemment l'essentiel ! - est de plus en plus reconnue.

Il faudrait donc préciser à votre inspecteur que la PMEV a choisi de travailler sur les compétences caractéristiques des "bons élèves", qu'elle cherche à les rendre plus lisibles pour que les "moins bons" parviennent à s'en emparer pour les reproduire et devenir à leur tour de "bons élèves". Elle diffère en cela de la classe traditionnelle ou, trop souvent, le "bon élève" reste, pour ses camarades, une sorte de mystère : un "surdoué" ou un "fayot".

Il est certainement difficile d'inspecter une classe PMEV sans être averti des particularités de son fonctionnement. Aucun inspecteur ne contesterait que l'on cherche à développer, par exemple, l'aptitude à l'écoute, qui est "au programme", ou encore l'aptitude à l'analyse de la tâche, qui ne l'est peut être pas explicitement. Mais l'inspecteur s'attendra alors à des séquences ad hoc alors que la PMEV traite ces questions essentielles en jouant sur l'organisation du temps.

Il y a là un vrai problème qui appelle de la part de l'inspecteur un regard tout aussi exigeant mais différent.