![]() |
Organisation
du Cycle de 3 semaines |
Si les années scolaires duraient quinze jours.... le système scolaire serait moins malade !... Les doublants, triplants ou même quadruplants, obtiendraient tous leur bac à 15 ans...
Il y a du vrai dans cette boutade mais les passionnés d'organisation feront bien de réfléchir avant d'agir. A vouloir refaire tous les quinze jours leurs classes et leurs listes d'élèves, leurs effectifs s'éclairciront rapidement. En revanche, il apparaît possible - sans remodelage des classes - de considérer l'année scolaire comme une sorte de course à étapes dans laquelle chaque coureur arrivé la veille au terme de l'étape, quelques soient son retard et les éventuelles "poussettes" dont il aurait bénéficié, repartirait pour l'étape suivante afin d'arriver comme les grands au terme de la dernière étape.
Les raisonnements par images valent ce qu'ils valent mais la
pédagogie a ses exigences qui nous permet de présenter simplement notre mode
d'organisation particulier. Le découpage habituel du programme en unités mensuelles -
cf. les "répartitions mensuelles" - est conservé dans son
principe mais recalculé : les périodes de trois
semaines, mieux adaptées aux particularités de la pédagogie de maîtrise à effet
vicariant : c'est bien ce mini-cycle de 3 semaines qui permet de donner une réelle
efficacité à "l'organisation de l'école en cycles" devenue la "nouvelle
politique pour l'école".
Cette durée a été définie par tâtonnements. Une périodicité plus courte se
heurte à un problème de maturation, ne semble pas convenir aux exigences des
"changements de représentations" indispensables pour permettre aux élèves
lents de "coller" au rythme de la classe. Une périodicité plus longue
réduirait le nombre de périodes, porterait alors sur des programmes un peu plus
chargés, plus difficiles à conserver en mémoire de travail : un problème d'empan en
quelque sorte.
Principe
Pour chacune de ces périodes de trois semaines, toutes les fiches du mini-programme, qui sont exploitées selon les principes d'activation de l'apprentissage évoqués par ailleurs, seront proposées aux élèves dès le premier jour et maintenues en circulation pendant toute la durée de ce cycle court. Cette organisation particulière est destinée à favoriser les apprentissages et à prévenir les décrochages, en jouant à cet effet sur plusieurs facteurs:
Ce mode de fonctionnement, comme tout fonctionnement "systémique", peut paraître assez complexe, mais il est en pratique assez facile à gérer car il est surtout très "porteur".
Chaque période d'apprentissage est strictement évaluée pour permettre de déceler précocement les décrochages. Cette évaluation peut être de type "évaluation continue", mais une évaluation plus ponctuelle et "sommative" paraît indiquée en fin de période à condition de n'être pas trop lourde. Il importe en effet, mais très impérativement, que "le souci de la mesure' cher aux technocrates garde le "sens de la mesure" cher aux psychologues et aux éducateurs.
L'évaluation qui se situe en cours d'apprentissage ne peut en effet avoir pour finalité de fournir des chiffres en vue d'une prétendue évaluation du système. Ce n'est pas un instrument de mesure passif pour fonctionnaire docile, mais un outil d'intervention efficace pour l'amélioration du service public. Elle a pour fonction de "faire mentir les pronostics", de permettre aux statistiques de s'améliorer. Cela implique, dans un premier temps, de fournir à l'élève un outil lui permettant de constater ses progrès, d'en accomplir d'autre, en se gardant donc de toute insistance maladroite sur les échecs.
Le sens de cette évaluation continue étant bien défini, il reste évidemment un besoin d'outils. Les élèves et le maître disposent de divers outils (plan de travail, grilles) pour suivre, réguler, accompagner et évaluer les apprentissages, mais l'élève - rappelons-le - doit rester libre d'organiser lui-même sa progression, ce qu'il fait en fonction de l'état de ses représentations successives, et parfois un peu en fonction de ses "états d'âmes".... Au maître d'apprécier.
Remarques :
1) Cette organisation en périodes de trois semaines est inséparable de l'organisation particulière de la matinée de travail. C'est cette organisation à double niveau qui va permettre à la majorité des élèves d'assimiler le programme de la période.
2) De même, c'est le refus délibéré de la classe "frontale" qui permet de conserver, sur l'année scolaire, et non sans paradoxe, une progression relativement homogène et frontale des élèves.