Apprendre
à LIRE au CP
dans le cadre de la PMEV

Une classe comme toutes les autres ?
Présentation
générale
par Raymond EDO, I.M.F, en collaboration avec
Danièle EDO, Rééducatrice
La formule de travail présentée ici n'est pas radicalement différente de ce que l'on peut renconter dans une classe "non PMEV" qui chercherait néanmoins à respecter les rythmes individuels des enfants.
A la limite, pourrait-on dire, beaucoup de classes font même de la PMEV sans le savoir... et tel était bien à l'origine le cas de cette classe. Mais la référence à l'effet vicariant, en devenant explicite, entraîne cependant quelques infléchissements.
1. Accueil
(environ 20 minutes)
Elle est semblable au premier abord à ce que l'on rencontre partout, mais avec quelques
particularités.
- gestuelle
- essais au tableau
- essais sur l'ardoise
2. Déroulement de la période de lecture
Deux activités se déroulent en simultané.Ainsi, pendant la plus grande partie de la séance, chaque élève, installé à son bureau, effectue un travail écrit sur le cahier en commençant par le jeu de lecture qu'il veut. (Choisir, par plaisir ou par raison, mais de toute façon choisir: Pour pouvoir choisir, il faut analyser la tâche, et cette qualité précieuse entre toutes doit être développée très tôt.)
Au menu, il y a :
1) de l'écriture :
- les modèles sont sur le cahier, parfois différents selon les élèves, et proposés sur des supports qui peuvent être aussi différents selon les habiletés motrices.
- et/ou une phrase de copie, élaborée avec l'ensemble de la classe durant le temps 1
2) des jeux de lecture dont les consignes
écrites sont familières aux enfants :
- Ces jeux de lecture peuvent être écrits au tableau ou faire l'objet de fiches rangées dans un fichier à thèmes. Ils sont plutôt au tableau en début d'année et sur fiches un peu plus tard.
- Les bureaux sont disposés par groupes de trois, regroupant ainsi 6 élèves. Les élèves peuvent s'entraider, se déplacer pour aller chercher une information.
Ainsi l'effet vicariant est-il à l'uvre, avec ses composantes habituelles : identification des caractéristiques de la tâche, conflits cognitifs, changements ou ajustement de représentations, etc...etc... Toutes ces données majeures de l'enseignement actuel des IUFM sont mises en oeuvre ici de façon efficace et économique, très simplement en pensant "apprentisage vicariant".
Les tâches sont ainsi effectuées en autonomie par les trois quarts de la classe pendant qu'un groupe de 5 à 6 élèves découvre des phrases ou un texte en médiation avec le maître, au tableau de feutre.
Ces élèves travaillant en autonomie ont néanmoins "les oreilles qui traînent" et ils participent secondairement aux découvertes qui se font à l'atelier lecture.
- Les groupes se succéderont à l'atelier lecture où ils passeront environ 15 minutes chacun. Cette période de lecture totalise donc entre 1h15 et 1h30, chaque élève travaillant 15 à 20 minutes avec le maître et 1h en autonomie.
- Les groupes formés par le maître pour le moment atelier lecture sont des groupes de besoin, donc relativement homogènes en ce qui concerne les niveau de conceptualisation de l'écrit. Ils ne sont pas définis une fois pour toutes mais varient au cours de l'année en fonction des constats.
- Le maître commence en appelant par exemple les élèves du groupe G1.
Il arrive qu'un élève refuse de répondre à l'appel, soit qu'il ne veuille pas quitter son travail, soit pour tester que la liberté donnée n'est pas un leurre.....
Ce cas de figure existe mais il est peu fréquent, car l'ambiance est telle lors de ce moment de travail à l'atelier lecture qu'il est difficile d'y résister.