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Désir de connaître
et envie d'apprendre |
Les mots utilisés ici, désir et envie, sont lourds de signification. Ne renvoient-ils pas aux pêchés capitaux ?...
La pédagogie de maîtrise admet que la motivation est chez les êtres humains un véritable besoin, au sens fort du terme, le besoin d'accomplissement. Le risque d'étouffer ce besoin chez l'enfant est permanent en situation scolaire.
Assumer cette réalité implique une vision différente de la classe, qui justifie une adaptation des dispositifs habituels. La possibilité de choisir sa tâche apparaît déterminante en ce qu'elle induit ou restaure chez les élèves des attitudes nouvelles, notamment face au savoir.
1. Au cycle 2
Les situations de recherche et de réflexion liées aux activitésEn pédagogie de maîtrise, la gestion des apprentissages s'opère lors du BILAN, moment de réflexion et de confrontation courtoise qui conduit à développer toutes les pratiques suggérées ci-dessus pour le cycle 2. Ce moment est en outre un moment de convivialité, qui crée une atmosphère favorable à l'apprentissage par le fait du plaisir d'être ensemble. Cet environnement favorable ajoute au dispositif utilisé par ailleurs pour alléger l'apprentissage de ses à côtés contraignants et déplaisants.
Mais le moment du BILAN prépare aussi à l'entrée dans l'abstraction évoquée
ci-dessous à propos du cycle 3.
L'élève doit être capable, dans quelques situations,
d'élaborer un modèle abstrait ou interpréter
une situation ou une démarche.
Par exemple:
1. Constatant que les enfants ont souvent besoin d'exemples pour comprendre, la pédagogie de maîtrise multiplie les situations qui permettent de prendre des repères concrets et d'en parler, de se construire progressivement des représentations plus justes de la notion à acquérir et de les expliciter, et d'avoir ainsi de l'apprentissage une vision globalement positive et agréable.
2. A cette fin, la pédagogie de maîtrise procède à une réhabilitation de l'apprentissage dit vicariant, qui devient un recours privilégié dans les nombreuses situations où le discours du maître ne s'impose pas :
1) l'enfant observe
2) il analyse
3) il reproduit
4) il en parle
Si le recours à la parole n'existe pas dans l'apprentissage vicariant stricto sensu, il devient en revanche indispensable en situation d'apprentissage scolaire. Mais l'important est que l'apprentisage vicariant fait naître un besoin et une envie de communiquer qui part de l'élève. La parole se libère alors des traditions scolaires de contrôle et de censure. Elle tend à se rapprocher des conversations normales, des échanges sociaux fondés sur le plaisir de communiquer tout en se gardant - les sujets des conversations étant d'un bon niveau et appelant par eux même un certain niveau de langue et d'abstraction - de verser dans le simple bavardage.
Exemple: L'enfant qui présente une fiche lors du bilan se contente rarement de "raconter" le travail qu'il a accompli: il procède à une exposition d'exemples, souvent 'inventés" par lui, qu'il commente et complète par l'énoncé d'une règle en langage simple. Les questions posées par les camarades vont dans le même sens, et les échanges qui en résultent tendent ainsi vers la précision et l'abstraction.