Extraits du "Rapport Ferrier"
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Passer du rêve au projet...... Sortir de l'enfance, c'est passer du rêve au projet. C'est
accepter que la réalité soit moins belle que les rêves. C'est
introduire, entre ce que l'on est et ce que l'on voudrait être, la série
toujours pénible des moyens efficaces. |
Les Projets d'École
I.- Le projet décole, charte du fonctionnement collectif (p.114)" Souvent, les projets ont été pervertis par la gestion des quelques crédits qui en facilitent la mise en uvre. De nombreux départements ont standardisé les procédures, unifié la présentation de formulaires qui réduisent les projets à de simples impératifs administratifs aux yeux des équipes pédagogiques. Impératifs acceptés bon gré, mal gré, pour les fonds qui sont attribués. Le sens sen est échappé : la meilleure preuve à en donner réside dans lobligation souvent faite de " donner un titre " au projet, comme sil pouvait y en avoir dautres que la formule qui devrait les résumer tous : " conduire chaque élève à son niveau d'excellence
Certaines actions sont identifiables par leur intitulé mais le projet décole, qui fédère lensemble des stratégies, devrait échapper à cette logique encore trop apparentée à celle des projets daction éducative."
" Lécole, telle que la suppose la loi de 1989 nest plus une juxtaposition de classes, mais une organisation dans laquelle laction intuitive antérieure doit faire place à une approche raisonnée. Globalement, cest pour le projet décole et ses ajustements au fil du temps que doit être analysée la situation locale et dans le projet décole que sont définies les grandes lignes daccord dont le but ultime est la réalisation des objectifs fixés au niveau national.
Ensuite, cest dans le projet pédagogique de chaque cycle quil faut affiner les conceptions pédagogiques et trouver des synergies, des modalités de travail, pour résoudre les problèmes rencontrés et mener à bien les engagements collectifs.
Dans les réunions des conseils des maîtres, au niveau de lécole et au niveau de chaque. cycle, un ensemble de thèmes, récurrents pour certains, de caractère plus ponctuel pour dautres, doit être traité.
Les concertations ne peuvent manquer de matière. Leur ordre du jour devrait porter sur :
Larrivée des aides-éducateurs, qui constituent une ressource pour lécole, oblige aussi à intégrer à la réflexion collective les modalités de leur contribution, la répartition de leur temps de travail auprès des uns et des autres."
2.- La difficile existence des équipes pédagogiques (p.113)
" Dans les groupes scolaires plus importants, tout se passe, dans un grand nombre de cas. comme si la fréquentation quotidienne et les rencontres informelles suffisaient à satisfaire le besoin de relations professionnelles. Les réunions de concertation sont escamotées, souvent dépouillées de réels objets de débat. II est vrai que la tradition pour les maîtres de lenseignement primaire est davoir sa classe à soi, en responsabilité totale ; les échanges induits par les conseils de classe dans le second degré, même sils sont minimes, nont pas déquivalent à lécole primaire. Le travail en équipe est embryonnaire ; chacun craint de sexposer sil sagit déchanger sur des difficultés délèves ou redoute de perdre sa liberté pédagogique quand il faut travailler à la conception de projets garantissant continuité et cohérence des apprentissages.
Sauf brillantes exceptions, il est regrettable que la valeur ajoutée de léquipe soit si minime, même dans les écoles où les personnes, considérées individuellement, font un travail de grande qualité. Toute équipe devrait savoir :
- élaborer une représentation partagée de la situation de lécole, du ou des problème(s) posé(s) ainsi que des objectifs communs
- coopérer, se répartir les activités qui concourent aux objectifs communs, cest-à-dire que les membres de léquipe doivent savoir composer, sentendre professionnellement quelles que soient leurs affinités personnelles,
- tirer les leçons de lexpérience, cest-à-dire faire régulièrement une analyse critique et réorienter laction.
II sagit de principes simples à développer dans tout dialogue de professionnels, ce que doivent être les conseils de maîtres ; la formation initiale ne peut ignorer cette facette des compétences professionnelles tout comme la formation continue qui, sadressant à des équipes en situation, doit la développer à partir de cas concrets, de problèmes réels."
Pour conclure (p.115)
" Là où laccompagnement a été de qualité. les équipes pédagogiques ont réussi à bâtir de réels parcours dapprentissage pour les élèves, alliant le vécu dexpériences intéressantes et la sûreté des apprentissages instrumentaux. garantissant une réelle polyvalence de la formation des élèves. éventuellement par des échanges de service bien pensés et limités. Dans ces cas, quil y ait ou non affinités personnelles, une volonté éducative harmonisée sest substituée aux trop habituelles juxtaposition et atomisation des actions, voire des "marottes" et des principes de chacun.
Afin de favoriser la mobilisation sur la résolution des problèmes, laccompagnement des équipes pédagogiques dans lélaboration et la mise en oeuvre des projets décole reste une priorité pour les équipes de circonscription. Des apports méthodologiques pour favoriser le travail en équipe et des aides techniques, le cas échéant, doivent être proposés ; des mises en relation des équipes pédagogiques entre elles peuvent être une solution intéressante. Les nouvelles technologies pourraient favoriser des communications à distance.
Mais projets et travail en équipe se développeraient plus sûrement sil en était réellement fait cas dans les évaluations effectuées par les corps dinspection ; celles-ci restent encore beaucoup trop centrées sur les pratiques individuelles denseignement, sans réels égards pour leurs effets ni pour leur contribution à une action collective et, trop souvent, sans grande attention pour les élèves eux-mêmes et leur travail. "