La scolarisation des enfants
"intellectuellement précoces"
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Dans son rapport de Janvier 2002 au Ministre de l'Education Nationale, Monsieur Jean Pierre Delaubier évoque les différents dispositifs mis en place pour traiter le problème de la scolarisation des enfants "intellectuellement précoce".
Il évoque ainsi les formules déjà explorées, du regroupement des élèves à l'adaptation des méthodes pédagogiques utilisées, en passant par l'adaptation des contenus d'apprentissage, celle des rythmes d'apprentissage et de la progression dans les cursus.
Nous passons en revue ces différentes formules en recommandant cependant, sur ce sujet délicat, la lecture intégrale du rapport de Monsieur Delaubier, disponible sur le site du Ministère à l'adresse suivante :
www.education.gouv.fr/presse/2002/scolprecdp.htm
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1. Le regroupement des élèves ?
Le regroupement des élèves fut, à la demande des associations de parents, la première réponse apportée au problème des Enfants intellectuellement précoces. Mais la solution ne s'est pas révélée vraiment satisfaisante et la demande des associations de parents semblerait aujourd'hui avoir évolué.
" Le regroupement en structure spéciale, précise le rapporteur, n’apparaît plus, en soi, comme une réponse aux besoins des élèves intellectuellement précoces, mais, plutôt comme un cadre provisoire (" par défaut ") pour apporter cette réponse spécifique, tant qu’elle ne peut être apportée en milieu ordinaire."
[ La PMEV ne s'était pas intéressée initialement au problème des EIP et ne s'est avancée sur ce terrain délicat qu'à travers les initiatives courageuses de Jacques Bert. Elle avait en revanche fortement investi le problème du fonctionnement des classes en milieu "ordinaire", classes en réalité notoirement hétérogènes, orientation qui semble avoir la faveur du Ministère.] (MM)
2. L'adaptation des contenus d'apprentissage ?
Cette adaptation des contenus doit se faire selon le rapporteur dans deux directions :
- Besoin d'apports supplémentaires pour "aller plus loin", pour "répondre au désir de savoir et éviter l'ennui, la distraction et le décrochage."
- Mais aussi "besoin de soutien et de compensation dans des champs où des manques et des difficultés sont apparus".
[ Bien que ne s'adressant pas explicitement aux enfants dits "intellectuellement précoces", la PMEV avait pris en compte le problème des enfants qualifiés de "rapides" et explicitement prévu à leur intention un programme complémentaire d'enrichissement culturel. Mais ce programme n'était pas "ségrégatif". Il se voulait même "intégrateur" et devait être inséré dans les moments de bilan pour renforcer l'impact du programme général d'étayage des apprentissages.] (MM)
3. L’adaptation des rythmes d’apprentissage et de la progression dans les cursus ?
Bien que cette adaptation des rythmes et progressions soit possible et légalement prévue notamment depuis la mise en place des cycles, elle est curieusement de moins en moins utilisée !
Le nombre des élèves " en avance ", relève non sans paradoxe le rapporteur, "a même fortement reculé au cours des dernières décennies " précisant que ce nombre pour le CM2 est passé "de 8,9% en 1960 à 2,5% en 1999."
[ Les observateurs seraient fondés à voir là un signe inquiétant et même un nouvel argument pour démontrer l'échec des réformes engagées depuis quelques décennies. Pour notre part, tout en dénonçant cette anomalie, nous maintenons que la réforme des cycles, à condition d'être judicieusement appliquée, ne constitue nullement un échec. Le succès rencontré par la PMEV est là pour en témoigner, qui s'est toujours définie comme une application de la réforme des cycles.] (MM)
L’accélération du cursus peut être "un moyen pour mobiliser un élève en lui permettant d'aller plus loin dans le programme" et de "rejoindre une classe d’un niveau plus conforme à ses aptitudes."
Mais cette possibilité, note avec sagesse le rapporteur, présente deux inconvénients majeurs :
4. L'adaptation des méthodes utilisées ?
Le rapporteur ayant souligné la situation particulière de l'Académie de Lyon et du Département du Rhône en matière de scolarisation des enfants "intellectuellement précoce" et, à ce propos, explicitement mentionné la PMEV, nous choisissons de retranscrire l'intégralité de son paragraphe.
est avant tout le souci d’adapter et de personnaliser les itinéraires et les activités proposées. Les organisations et les pratiques pédagogiques qui nous ont été décrites par les représentants des équipes qui, en France, ont eu en charge ces élèves, découlent de ce choix : élaboration de projets et d’emplois du temps personnalisés formulés et modifiés sur la base d’une véritable évaluation, suivi de chacun par un adulte référent, conception d’activités prenant en compte les motivations des élèves et leurs questionnements, appel à leur autonomie, constitution de groupes de besoin ..." Ce qui rapproche la grande majorité des dispositifs (au moins au Canada et en Europe de l’ouest)
Si ce fonctionnement pédagogique correspond à une gestion de l’hétérogénéité que l’on souhaiterait promouvoir dans toutes les classes, il confirme que la première réponse à apporter à ces élèves est
la construction d’un parcours individuel fondé sur un bon repérage de leurs difficultés et de leurs potentialités.On remarque que la présence de ces élèves a, pour toutes les équipes concernées, renouvelé la réflexion sur la prise en charge pédagogique de la diversité (l’exemple des démarches poursuivies dans l’académie de Lyon est particulièrement significatif).
C’est une telle préoccupation qui conduit par exemple certains, dont Jacques Bert, à proposer l’utilisation de nouveaux modes de gestion de la classe hétérogène (comme la Pédagogie de maîtrise à effet vicariant)."
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