pratique.gif (6526 octets) Acquérir, renforcer et élargir 
un capital culturel
le problème de la culture en milieu scolaire

 

Qu'on le veuille ou non, l'enfant qui réussit au collège n'a pas acquis seulement ce profil de bon élève que nous avons évoqué par ailleurs. Il possède aussi un "vernis culturel" qui est souvent le privilège des milieux dits favorisés et lui donne une longueur d'avance sur les autres.
Est-ce bien juste ? Est-ce un mal ? Est-ce un bien ?
C'est en tout cas un FAIT, et on ne gagne jamais à tricher avec les faits.

texte en cours de révision

Bombardement Culturel ! 

L'expression que nous avions utilisée pour aborder le problème important que nous voulons souligner ici a de quoi choquer. Elle est inélégante certes mais, s'agissant d'un combat contre l'échec scolaire, elle avait le mérite d'être parlante, et nous n'avons donc pas hésité à l'utiliser... 

Nous savons également qu'elle peut donner lieu à des interprétations tendancieuses - que nous récusons - et qu'elle ne rend pas vraiment compte, surtout, de la complexité du problème posé, ni du mécanisme mis en œuvre dans ce dispositif de renforcement culturel qui joue dans notre contexte un rôle important : si la situation de la Nouvelle Calédonie a bien évolué, le temps n'est pas très loin où le livre, l'imprimé, étaient des produits rares.

I. - Définition

Ce programme, qui peut être centré sur les contenus classiques  des programmes officiels et du "socle commun", peut également s'ouvrir, selon les situations et à l'initiative des maîtres :

II. Fonctionnement: un programme en libre choix
Une particularité essentielle de ce programme est qu'il est offert en libre choix sans être pour autant totalement individuel. Ce parti-pris de libre choix, déjà justifié par ailleurs, est ici encore plus fondamental: il s'agit d'accepter les enfants "comme ils sont", dans toute leur diversité, mais pour "aller plus loin" : "Don't accept me as I am !". Pour aller plus loin donc, les lectures librement choisies seront dans toute la mesure du possible partagées avec les camarades lors des moments de bilan.


On ne commande à la nature qu'en lui obéissant et le libre choix, qui relève de la "pédagogie différenciée", permet de répondre à la diversité des enfants mais tout en en faisant, surtout, un levier:

a) Les enfants ont des goûts très divers. Il faut l'accepter et leur offrir un éventail de textes suffisamment large pour répondre aux goûts de tous, en laissant chacun libre de choisir ce qui répond à ses attentes. Mais cette attitude compréhensive n'est pas renoncement Répétons le : la présentation lors du "bilan" des textes choisis par les enfants, même très rapide, permettra à chacun de découvrir peu à peu des textes, des thèmes, des cultures, dont l'intérêt lui était d'abord étranger.

b) Les enfants ont également des acquis très divers. Leur niveau de lecture n'est pas homogène, leur bagage culturel n'est pas le même, et leur capacité de pouvoir accéder à des textes un peu denses - ce qui est le cas des documentaires - est donc inégale.

On joue donc ici sur le choix des textes pour répondre à ces différences de niveaux, dont les intéressés sont les seuls à pouvoir bien juger. Mais on doit compter ici encore sur la médiation du moment de "bilan": l'élève "doué" qui présente une lecture documentaire relativement difficile utilisera généralement un vocabulaire plus simple que celui du document, et ses propos ne manqueront pas de susciter des questions qui lui permettront de compléter et d'adapter son apport d'informations pour satisfaire le besoin de compréhension..

c) Les enfants ont enfin des rythmes d'apprentissage inégaux. Il faut pouvoir offrir aux élèves les plus rapides, impérativement, un menu plus consistant, d'autant plus que, grâce au bilan là encore, les élèves les plus lents vont en bénéficier. Ce que les élèves lents n'auront pas le temps de lire, ils en entendront du moins parler par leurs camarades.

"J'l'ai pas vu, j'l'ai pas lu, mais j'en ai entendu parler" ...

Loin du politiquement correct, la célèbre formule d'un hebdomadaire que l'on dit peu convenable détient une part de vérité. Le profit, pour les élèves lents, ne sera pas exactement le même que pour ceux qui seront allés à la source, mais en avoir entendu parler sera souvent bien utile, et donnera parfois l'envie de prendre sur son temps pour aller y voir de plus près.

III.- Objectifs scolaires et comportements

L'enfant qui entre au collège gagnera à disposer - à l'instar des élèves des milieux dits "favorisés" - de connaissances variées, relevant ou non des programmes officiels, qui auront développé sa curiosité et serviront souvent de "points d'ancrages" pour les connaissances abordées au collège, qui vont bien au delà du simple "savoir lire et écrire".

Mais ce que le professeur attend de ses élèves, répétons le encore,  n'est pas seulement de l'ordre de la "connaissance". S'il déplore les lacunes de ses élèves, le professeur est cependant prêt le plus souvent à les prendre en compte pour travailler à les combler, au nom d'un principe élémentaire de déontologie éducative: chaque enfant a le droit de savoir, le droit de faire, aujourd'hui, les apprentissages qu'il a manqués autrefois.

Ce que le professeur ne peut admettre, en revanche, c'est que les élèves se désintéressent du savoir; et le rôle de l'école élémentaire est ici important qui doit développer, par les moyens qu'elle jugera opportuns, cette compétence transversale essentielle qu'est le "Désir de connaître et l'envie d'apprendre" dont l'importance est soulignée par les Instructions Officielles françaises et dont l'absence peut se révéler dramatique.

Le problème est grave, qui a des effets sur nos problèmes de société. Même si le professeur de collège fait l'effort de maîtriser l'agressivité que ce désintéressement suscite en lui, cette agressivité ne disparaît pas complètement. L'élève pense alors que le professeur le méprise et développe à son tour, par réaction, une certaine agressivité à son égard. L'engrenage de la "fracture scolaire" et de la "violence à l'école" n'est alors pas loin.

Le libre choix prend ici tout son sens, car il permet de prendre en compte les goûts des enfants, les bribes de culture glanées à la télévision, pour les initier progressivement à l'ordre de l'école, qui est ouverture d'esprit devant le savoir, mais aussi devant les hommes, dont c'est peu dire que nous en avons besoin, sur ce Territoire comme ailleurs.

 

lapitbutn.gif (1202 octets) Le problème des
différences
culurelles