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En classe ...

La compréhension de l'enfant
est rarement immédiate

 

La compréhension est rarement immédiate et cela est vrai même pour les bons élèves. Très souvent, l'enfant qui comprend tout de suite avait en fait déjà à moitié compris, parce qu'il disposait de bribes de savoirs antérieurement acquis qui ont facilité sa compréhension.

Plus généralement, la compréhension de l'enfant suppose toujours des répétitions, des exemples, des retours en arrière, ou encore des éclairages variés qui vont pouvoir faciliter des changements progressifs de représentations, des allers et retours de sens comme dit si bien Stella BARUK.

Tout cela, le maître le sait et s'y consacre chaque jour avec insistance. Mais il faut bien reconnaître que la mise en pratique de ces exigences ne va pas de soi, que les enfants ne sont pas toujours tous attentifs à chaque propos du maître, etc...

La pédagogie de maîtrise tient compte de cette réalité et ne cherche pas à montrer du doigt tel ou tel coupable. Elle estime, après avoir analysé avec précision le fonctionnement de centaines de classes, que l'essentiel relève en fait d'un problème d'organisation générale de la classe et du temps scolaire dont elle s'attache alors à préciser les caractéristiques essentielles.


Le rôle du maître est essentiel,

mais il ne tient pas seulement à la qualité de son discours et de ses leçons :
c'est là une réalité que la formation doit prendre en compte.

La façon dont la classe est organisée, pour favoriser - ou non - les échanges interactifs, les allers et retours de sens qui permettent  les indispensables changements ou ajustements de représentations, pour prendre en compte également les différences de rythmes d'apprentissage, peut être considérée comme au moins aussi importante que la qualité des leçons, d'autant qu'elle peut en même temps alléger la fatigue du maître comme celle de l'écolier.

 
La pédagogie de maîtrise s'est attachée à favoriser les conditions de travail des "acteurs du système", qu'ils soient maîtres ou élèves, à les rendre plus efficaces en même temps que plus gratifiantes . Elle relève, en cela, d'une approche ergonomique des problèmes de l'école visant, par définition : moins de fatigue, plus de sécurité et un meilleur rendement. Très soucieuse de voir l'enfant "heureux d'être en classe", elle rejette cependant les formules trop faciles ou même démagogiques, car elle se donne à plus long terme un autre objectif : que l'enfant ne puisse jamais regretter, plus tard, d'avoir été heureux d'être en classe.
 
Car l'élève, conformément à la loi, est à l'école pour apprendre....